Justice à deux vitesses à la CNIH

03/01/2026

Scandale à la CNIH ! Le Courrier Picard révèle des passes-droits accordés par la CNIH dans le traitement des dossiers :

Une justice à deux vitesses selon deux associations de Harkis à Amiens.

Alors que des milliers de familles harkies attendent depuis des années une indemnisation conforme à la loi, certaines voient leurs dossiers traités en quelques semaines. Deux associations amiénoises dénoncent. La justice est censée être la même pour tous. 

Encore faut-il que les règles de traitement le soient aussi : des critères clairs, publics et appliqués de manière identique. Faute de transparence, certains dossiers semblent trouver une issue, quand d'autres ne trouvent même pas une réponse. Les familles harkies ne demandent ni faveur ni privilège : elles demandent l'application de la loi, pour tous, au même rythme et avec la même exigence ».

Yassine Mokkadem, président de l'AFM2G (Association des Français-Musulmans de la 2ème Génération) et Sonia Hamadi, présidente d'AJIR Picardie montent au créneau après avoir appris qu'une famille du quartier Brossolette à Amiens eu la « chance » de voir son dossier passer en commission ce mois-ci, alors qu'elle ne l'a déposé qu'en septembre 2025. Pour les deux présidents, il ne fait aucun doute, cette famille a bénéficié d'un passe-droit et ils le font savoir par courrier au préfet Marc Del Grande, secrétaire général de la Commission nationale indépendante des Harkis (Cnih).

 "Beaucoup de familles aimeraient, elles aussi, bénéficier d'un traitement aussi rapide " Sonia Hamadi et Yassine Mokkadem, les présidents d'AJIR et l'AFM2G. Les délais d'indemnisations restent excessivement longs. Ainsi, plusieurs sites dont les quartiers Brossolette, Fafet et le bâtiment Bleu n'ont été reconnus par décret qu'en septembre 2025, après trois années de démarches pour obtenir une reconnaissance ouvrant enfin droit à réparation. « Or, une fois le décret publié, l'écart de traitement interroge : pendant que certaines familles attendent depuis 2022 (cité de la Briqueterie à Amiens, la cité de l'Avre à Longueau, la cité de Strasbourg à Amiens) que leurs dossiers soient examinés, une famille du quartier, Brossolette (alors même que le décret a été publié plus tard pour ce quartier) a vu l'ensemble des dossiers de ses membres validés d'un seul bloc en un temps très court, à peine deux mois après la publication du décret. Cette célérité, rapportée par plusieurs témoignages, interroge d'autant plus qu'elle semble avoir bénéficié d'un canal de contact plus direct que celui dont disposent la plupart des demandeurs. Beaucoup de familles aimeraient, elles aussi, bénéficier d'un traitement aussi rapide », poursuivent-ils. Une centaine de familles toujours en attente. Alors même qu'une centaine de familles est toujours en attente de cette reconnaissance à Amiens.

Yassine Mokkadem ne décolère pas : « Des familles attendent depuis des années que leur dossier soit traité, des requêtes du Tribunal Administratif datant de septembre 2024 n'ont toujours pas de réponse et à côté de ça, les membres d'une même famille bénéficient d'un passe-droit ». Ce dernier envisage de déposer une plainte collective pour traitement inégalitaire contre la Cnih.

Article du Courrier Picard du 29 décembre 2025 : cliquez